6 Juil 2026, lun

La DGSI adopte ChapsVision pour renforcer sa souveraineté numérique

Close-up of a laptop displaying cybersecurity text, emphasizing digital security themes.

La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a officiellement choisi ChapsVision, une entreprise française spécialisée dans l’analyse de données, pour remplacer la solution américaine Palantir. Cette décision s’inscrit dans une démarche de souveraineté numérique qui prend une ampleur considérable au sein des administrations françaises.

Olivier Dellenbach, PDG de ChapsVision, souligne que cette transition ne s’est pas faite du jour au lendemain. L’État français a progressivement évolué vers une solution nationale, conscient des enjeux stratégiques liés à la gestion des données sensibles. La DGSI, en charge de la sécurité intérieure et du contre-espionnage, manipule quotidiennement des informations critiques qui ne peuvent être confiées à des infrastructures étrangères sans risque.

Le choix de ChapsVision témoigne d’une volonté politique forte de renforcer la souveraineté numérique française face aux géants technologiques américains. Cette décision fait écho aux préoccupations croissantes concernant la dépendance technologique de l’Europe et les risques associés au Cloud Act américain, qui permet aux autorités américaines d’accéder aux données stockées par des entreprises américaines, même si elles sont hébergées hors des États-Unis.

Selon Olivier Dellenbach, ChapsVision offre désormais une qualité de service équivalente à celle de Palantir, tout en garantissant que les données restent sous contrôle français. Cette parité technologique représente un tournant majeur, car elle démontre que les entreprises technologiques françaises peuvent rivaliser avec les leaders mondiaux dans des domaines aussi sensibles que l’analyse de données pour la sécurité nationale.

Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large où les investissements publics dans les technologies souveraines se multiplient. Le gouvernement français encourage activement le développement de solutions nationales dans les secteurs stratégiques, notamment la cybersécurité, le cloud computing et l’intelligence artificielle. Ces initiatives visent à réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers et à protéger les intérêts économiques et sécuritaires du pays.

Pour les investisseurs, ce changement de cap illustre les opportunités croissantes dans le secteur de la cybersécurité et de la souveraineté numérique. Les entreprises françaises positionnées sur ce créneau bénéficient d’un soutien politique fort et d’un marché en expansion, alimenté par les préoccupations géopolitiques et les exigences réglementaires européennes comme le RGPD.

Le passage de Palantir à ChapsVision par la DGSI constitue donc bien plus qu’un simple changement de prestataire : il symbolise une réorientation stratégique de la France vers une autonomie technologique renforcée, avec des implications durables pour l’économie numérique nationale et les marchés associés.